Comprendre l'immobilier

Besoin de connaître l’actualité immobilière ? D’un cours de rattrapage sur la dernière loi en vigueur ? Ou juste curieux sur un sujet précis ?

15 juin 2020
Résumé de l'actualité immobilière du 12 juin
1- Les Français plébiscitent les agences pour leurs achats immobiliers mais ne souhaitent pas avoir de frais supplémentaires 2- Renforcer ou non la taxation de l’immobilier : le débat est ouvert 3- La gestion ISR fait preuve de résistance face au coronavirus

1- Les Français plébiscitent les agences pour leurs achats immobiliers mais ne souhaitent pas avoir de frais supplémentaires

 

Selon un sondage réalisé par Odoxa pour Certitude Immo, 74% des Français se disent prêts à confier la vente de leur bien à une agence immobilière. Mais à la condition que la mise en valeur se fasse sans frais supplémentaires. 

 

Cette étude souligne également que 74% des propriétaires jugent avoir vendu leur bien dans les délais qu’ils s’étaient donnés. La conjoncture des dernières années, avec des taux très bas et un marché immobilier florissant, a facilité les ventes. Néanmoins, plus de 40% des vendeurs ont été déçus par le prix de vente et estiment que leur bien n’a pas été estimé à sa juste valeur.

 

Si la majorité des sondés sont satisfaits de la relation avec l’agent immobilier, 67% jugent que le prix de vente du bien est calculé en fonction des commissions. Ces dernières sont estimées trop élevées par rapport au service proposé par 85% des enquêtés.

 

Dernièrement, l’étude souligne que 65% des Français considèrent qu’il est plus facile de vendre dans une métropole (75% pour les propriétaires). 61% jugent qu’il est difficile de vendre dans une petite ville ou à la campagne.

Source : Le Moniteur

2- Renforcer ou non la taxation de l’immobilier : le débat est ouvert

 

Parmi les experts et les observateurs, deux camps s’affrontent : celui qui souhaite renforcer la taxation sur l’immobilier et celui qui veut sanctuariser la fiscalité sur la pierre. Le Gouvernement semble pour l’instant préférer la seconde option. 

 

Alors que le secteur de l’immobilier amorce sa reprise après 8 semaines de confinement, certains économistes et plusieurs organisations syndicales plaident pour un durcissement de la fiscalité de l’immobilier, notamment pour les ménages aisés.

 

La CFDT demande le rétablissement de l’ISF

 

Début avril, Laurent Berger, le secrétaire général de la CFDT, a appelé au rétablissement de l’Impôt sur la fortune (ISF), remplacé depuis 2018 par l’Impôt sur la fortune immobilière (IFI) qui prend en compte uniquement le patrimoine immobilier (et plus les placements financiers, valeurs mobilières). 

 

« La question de la participation des plus riches, par le biais de l’ISF ou d’un autre dispositif fiscal, doit être posée », déclarait ainsi Laurent Berger sur France Info. D’autres pistes sont proposées, comme augmenter le taux d’imposition sur les plus-values immobilières, voire taxer les plus-values lors de la revente des résidences principales (aujourd’hui exonérées), une idée déjà évoquée début 2019 par le président Macron en pleine crise des Gilets jaunes. Instaurer un impôt spécial sur les transactions de plus grande valeur, ou tout simplement créer une tranche d’impôt sur le revenu supplémentaire, font également partie des options étudiées par l’exécutif. 

 

100 milliards d’euros récoltés par an en France au titre de la fiscalité immobilière

 

Dans une tribune publiée le 2 juin dans Les Echos, Jean-Marc Torrollion, le président de la Fédération nationale de l’immobilier (FNAIM), met en garde contre le « piège de la facilité » : « Dans une économie sinistrée après deux mois d’arrêt complet, un véritable plan de relance dédié au secteur de l’immobilier est nécessaire, comme pour la plupart des filières stratégiques. Mais, pour l’heure, la priorité est d’éviter une erreur historique : celle qui consisterait à succomber à la tentation de combler les déficits publics par des taxations exceptionnelles sur la pierre. » Le président de la FNAIM indique que la fiscalité immobilière « représente déjà 100 milliards d’euros avec l’IFI, l’imposition sur les revenus immobiliers (les loyers perçus), la taxe foncière, les prélèvements sur les mutations (les ventes de logements) … »

 

La position encore confuse du Gouvernement 

 

Le ministre de l’Économie, Bruno Le Maire, a annoncé en avril qu’ « il y aura un temps pour le débat fiscal » lors de la préparation du budget 2021, la crise sanitaire ayant remis en cause les équilibres budgétaires établis depuis le début du quinquennat. Mais sans augmentation des impôts.

 

Une position réaffirmée en début de semaine sur RTL : « Il n’y aura pas et il ne peut y avoir d’augmentations d’impôts parce que ce serait totalement contradictoire avec notre volonté de relancer la consommation, la demande et l’économie française. Le bon sens, c’est de continuer à baisser l’impôt sur les ménages. » La taxe d’habitation devrait bien être supprimée cette année pour 80% des foyers français les moins aisés. 

Source : Les Echos

3- La gestion ISR fait preuve de résistance face au coronavirus

 

Ces dernières années, l'investissement socialement responsable (ISR) s'est fortement développé. Les gérants de fonds qui se sont largement emparés de cette méthode d'investissement utilisent, à côté des données financières classiques, des critères ESG (pour Environnementaux, Sociaux et de Gouvernance) pour choisir les entreprises dans lesquelles ils vont investir.

 

Lancé en 2016, le label ISR, soutenu par les pouvoirs publics et visant à apporter une crédibilité et une visibilité au fonds ISR, est encore sans doute mal connu du public. Mais il a connu un grand succès auprès des gestionnaires de fonds. Aujourd'hui, ce sont près de 400 fonds émanant de 69 sociétés de gestion différentes qui sont labellisées.

 

« Nous avons déjà basculé vers des stratégies ISR 67 % de nos fonds ouverts éligibles et nous maintenons un objectif de 100 % à la fin de l'année », indique même une société de gestion. 

 

Le label ISR n’a pas pour seule vocation de permettre aux épargnants de se donner bonne conscience : il s'agit de détecter, au-delà des chiffres financiers, quelles entreprises sont les mieux préparées aux changements touchant leur secteur (révolution de la voiture électrique, nouvelles réglementations sur le plastique, etc.).

 

L’investissement socialement responsable a-t-il résisté à la crise du coronavirus ? 

 

La réponse est plutôt positive. L’un des leaders mondiaux de la gestion d'actifs note même une corrélation positive entre la performance boursière des entreprises et leur notation ESG : autrement dit, celles qui ont un meilleur comportement sur le plan social ou économique ont aussi une meilleure performance boursière. La crise du Covid-19 aurait même exacerbé cette tendance. 

 

En effet, entre le 19 février et le 26 mars 2020, les sociétés américaines les mieux notées par les agences de notation sur les critères ESG (note A) ont en moyenne surperformé de 3,8 % l'indice S&P 500, tandis que les moins bien notées (note E) ont sous-performé de 7,4 %. L'écart est important même si on note quelques exceptions, notamment Amazon, qui est plutôt mal notée sur le plan ESG mais qui surperforme en bourse.

 

Une étude réalisée par un spécialiste de la finance responsable sur la performance des valeurs du CAC 40 au premier trimestre 2020 confirme d’ailleurs un écart positif en faveur des mieux notées sur le plan ESG. Et la surperformance de l'ISR ne semble pas purement conjoncturelle. En témoigne notamment l'indice ISR lancé par Ecofi fin 2015 et qui, depuis, fait mieux que l'indice Euro Stoxx 50 chaque année, à l'exception de 2019.

 

Comment expliquer cette performance de la gestion ISR, en particulier face à la crise du Covid-19 ?

 

Pour cet acteur de la finance responsable, la gestion ISR a d’abord « tendance à exclure ou à sous-représenter des secteurs fortement sous pression ces dernières années, comme les énergies fossiles. 

 

Un autre facteur sectoriel a joué : les valeurs de santé, souvent bien notées sur le plan ESG, ont connu de bonnes performances. Mais on peut aussi remarquer que l'ajout d'un filtre ESG à un processus permet au gérant de prendre en compte des facteurs de risque extrafinanciers, notamment environnementaux. ».

 

In fine, un portefeuille ESG aura tendance à laisser plus de place aux valeurs de qualité ou de croissance. C’est pourquoi les investisseurs plébiscitent de plus en plus les investissements socialement responsables. 

 

« Au premier trimestre 2020, alors que les sociétés de gestion d'actifs ont enregistré globalement des retraits nets de 285 milliards de dollars, les flux vers les stratégies ESG ont au contraire été positifs de 46 milliards », note cette banque d’investissement.

 

Une offre importante, diversifiée et démontrant un potentiel de surperformance par rapport à une gestion classique : les fonds ISR ont aujourd'hui beaucoup plus d'attrait pour les épargnants qu'ils n'en avaient il y a encore cinq ans.

Source : Les Echos

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